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D’après une récente étude publié par Santé Publique France sur l’exposition des salariés du secteur de la santé humaine et de l’action sociale à certains facteurs de risque de troubles musculo-squelettiques (TMS), toute personne préventeur en milieu professionnel est encouragé à orienter les actions de prévention auprès de ces populations particulièrement touchées par cette problématique.

Les troubles musculo-squeletiques touchent énormément les personnes qui exercent dans le secteur de la santé et de l’action sociale (SHAS). Ce secteur regroupe l’ensemble des activités pour la santé humaine, l’hébergement social, médico-social et de l’action sociale sans hébergement. Les TMS représentent plus de 90 % des maladies professionnelles déclarées dans ce secteur, et jusqu’à 96 % dans le sous-secteur de l’action sociale sans hébergement.

Les troubles musculo-squelettiques en France

Les troubles musculo-squelettiques représentent la 1ere cause de maladies professionnelles indemnisées en France, avec 88 % des maladies professionnelles reconnues par le régime général : 44 492 cas en 2019.

Les résultats de l’étude

  • Les salariés de l’ensemble du secteur de la SHAS (2927 salariés interrogés) sont plus exposés aux contraintes biomécaniques et psychosociales que les salariés des autres secteurs, mais moins exposés aux contraintes de rythme de travail.
  • Les salariés de la SHAS sont significativement plus souvent exposés à deux facteurs de risques biomécaniques de lombalgie que les salariés des autres secteurs d’activité. Ils sont par contre moins fréquemment exposés à trois facteurs de risque de TMS du membre supérieur et à l’adoption d’une position forcée des articulations ou de la position à genou. 
  • Les salariés des sous-secteurs de l’hébergement social pour personnes âgées ou handicapées physique et de l’hébergement médicalisé sont les plus exposés aux contraintes biomécaniques. Ils sont particulièrement exposés à la position debout ou au piétinement, ainsi qu’au déplacement à pied dans le travail, et de façon moindre à la position en torsion ou accroupie.
  • Le « job strain » (correspondant à une forte demande psychologique combinée à une faible latitude décisionnelle) touchait surtout les salariés des sous-secteurs de l’hébergement médicalisé, ceux des autres activités d’hébergement social, ainsi que des activités des médecins spécialistes ou encore des activités hospitalières.
  • Les personnes en contrats précaires (CDD/intérim) sont moins exposées aux contraintes de rythme de travail et psychosociales que les personnes en CDI.

Quels enseignement tirer de cette étude?

Ces travaux, qui complètent la description des TMS identifiés comme maladies à caractère professionnel dans ce secteur d’activité, encouragent les préventeurs en milieu professionnel à orienter les actions de prévention notamment vers les salariés des sous-secteurs de l’hébergement médicalisé, des autres activités pour la santé humaine (comprenant principalement les activités pour la santé humaine non exercées dans des hôpitaux ou par des médecins ou dentistes), de l’action sociale pour personnes âgées ou handicapées (avec ou sans hébergement), de l’activité des médecins spécialistes ainsi que des activités hospitalières.